L'ensemble gallo-romain du Ier siècle
Les vestiges de la fontaine gallo-romaine datent de la première moitié du Ier siècle de notre ère. Visibles dans les caves, sous l’ancienne grande salle disparue du palais ducal de Jean de Berry, ils occupent 8,40 m de long sur 2,54 m de large et se développent sur une hauteur de 1,50 m. Ces dimensions partielles – une partie de la structure est englobée dans les fondations des murs médiévaux et l’élévation a été arasée – permettent de reconstituer une construction monumentale. La fontaine était composée de trois bassins à déversement, étagés et suivant un plan en U. Elle était vraisemblablement alimentée en eau par l’aqueduc de Traslay qui, long de 40 km, charriait des eaux depuis l’actuelle commune d’Ourouer-les-Bourdelins et longeait, à Bourges, le tracé des rues des Trois Maillets, Louis Pauliat et Mayet Genetry.
L’élévation et son décor ne sont pas connus même si plusieurs propositions restituent des colonnes à chapiteaux prenant modèle sur les deux chapiteaux antiques, d’ordre composite (ordre romain le plus prestigieux), qui ont été réemployés dans le mur nord de la cave. De même, la destination décorative, utilitaire ou cultuelle de l’ouvrage reste incertaine.
La fontaine regardait vers le nord et se situait au centre d’une place dallée, entre la ville basse et la ville haute, précédée de quelques marches qui menaient à un « portique » de 73 m de long, perpendiculaire à l’actuelle rue d’Auron et édifié en deux temps : d’abord un mur de soutènement enduit d’un stuc gravé de rainures imitant les joints d’un appareil de pierre de taille ; ensuite, venant s’appuyer contre lui, une suite de quinze niches alternativement semi-circulaires et rectangulaires, séparées par des pilastres cannelés d’ordre ionique (ordre grecque intermédiaire que s’approprient les Romains).
Les restitutions ont été réalisées d’après les dessins d’Alexis Luberne (1996-1999) et montrent l’utilisation d’assises de briques dans les niches et l’hypothèse d’un petit bassin entre contrebas de la fontaine qui expliquerait la découverte d’un bloc de pierre percé d’une bouche d’eau. Les niches ne permettant pas la circulation sous les arcades, le terme portique couramment utilisé est impropre et devrait être remplacé par arcature.Les restitutions ont été réalisées d’après les dessins d’Alexis Luberne (1996-1999) et montrent l’utilisation d’assises de briques dans les niches et l’hypothèse d’un petit bassin e contrebas de la fontaine qui expliquerait la découverte d’un bloc de pierre percé d’une bouche d’eau. Les niches ne permettant pas la circulation sous les arcades, le terme portique couramment utilisé est impropre et devrait être remplacé par arcature.
Cet ensemble unique dans la Gaule romaine dominait la vallée de l’Auron, entre l’amphithéâtre au nord (place de la Nation) et les thermes au sud (place Séraucourt), deux monuments publics emblématiques d’Avaricum, alors capitale de la province d’Aquitaine. Au pied du « portique » devait se tenir un forum ou un marché que seules de nouvelles fouilles pourraient mettre au jour.
La construction du rempart gallo-romain au IVe siècle a causé la destruction de l’extrémité orientale de la fontaine mais celle-ci a été en partie épargnée et seulement ensevelie grâce à l’utilisation du « portique » pour les fondations.
Cartes publiées dans Emmanuel Marot, Mélanie Fondrillon, Raphaël Durand, « Bourges et sa proche campagne durant l’Antiquité tardive (IIIe-VIIe siècles) à la lumière des fouilles récentes », in Marie-Pierre Chambon, Sylvie Crogiez-Pétrequin, Alain Ferdière, Sylvain Janniard (dir.), L’Antiquité tardive dans le Centre et le Centre-Ouest de la Gaule (IIIe-VIIe siècles), colloque international L’Antiquité Tardive en Gaule ATEG VI (Tours, 2018), Tours : FERACF, coll. « Suppl. à la Revue Archéologique du Centre de la France », 81, 2022, p. 189‑208.