La découverte des vestiges au XIXe siècle
Avec la construction du palais ducal de Jean de Berry, implanté sur le tracé du rempart gallo-romain dès 1370, les bâtisseurs de la fin du Moyen Âge sont les premiers à découvrir les vestiges de la fontaine. Ils les préservent en s’en servant de fondations ou en les remblayant pour créer le niveau de sol des caves du palais. Ces dernières, composées de trois vaisseaux voûtés s’étendant sur sept travées, supportaient la grande salle ducale monumentale (850 m2) qui précédait la chambre de parement (424 m2) comprenant l’actuelle salle du duc Jean et son vestibule.
Mais ce n’est qu’en 1857 que, de manière totalement fortuite, sont mis au jour le « portique », la fontaine et le rempart gallo-romain sous les parcelles de la grande salle démolie, devenues les propriétés privées de MM. Roger et Rolin.
M. Roger effectue des sondages sur son terrain à la recherche de pierre à bâtir et dégage le dessus de plusieurs arcades du « portique ». Paul-Adrien Bourdaloue, ingénieur réputé, apprend la nouvelle et décide de financer des fouilles sur ses deniers personnels tant la découverte lui semble de premier ordre. L’entreprise dure jusqu’en 1861 dans des conditions précaires et dangereuses. Des risques d’éboulement des restes gallo-romains ou médiévaux mènent à l’arrêt des travaux.
Les relevés archéologiques précis et soignés sont publiés par Jules Dumoutet pour illustrer la conférence qu’il donne à la Sorbonne sur les résultats des fouilles. Des voûtes de brique et un escalier métallique (qui n’est plus empruntable) sont construits pour préserver les vestiges et y accéder.
Restés en main privée et tombés dans l’oubli, ceux-ci sont encore redécouverts par Jean Favière, conservateur du Musée du Berry, en 1973. Une nouvelle étude est engagée jusqu’en 1977 (Jean-Pierre Adam et Claude Bourgeois).
Les parcelles de MM. Roger et Rolin sont passées entre-temps à Mme Retat et aux Usines de Rosières.