Sélection de monuments historiques classés à Bourges

Sélection de monuments historiques classés à Bourges

Qu'est ce qu'un immeuble classé au titre de monument historique ?

Selon l'article L621-1 du code du patrimoine, "les immeubles dont la conservation présente, du point de vue de l'histoire ou de l'art, un intérêt public sont classés comme monuments historiques en totalité ou en partie par les soins de l'autorité administrative". Ainsi, "l'immeuble classé ne peut être détruit ou déplacé, même en partie, ni être l'objet d'un travail de restauration, de réparation ou de modification quelconque, sans autorisation de l'autorité administrative" (Art L.621-9 du code du patrimoine).

Bénéficiant d'une telle protection, les immeubles classés revêtent un certain prestige et suscitent la curiosité. Ainsi dans cette rubrique, une sélection de monuments classés de la ville de Bourges, à découvrir ou redécouvrir, dans l'ordre chronologique.

Grange aux dîmes
Grange aux dîmes

ADRESSE : 9 rue Molière ; rue des Trois-Maillets

DATATION : 13e et 14e siècles

COMMENTAIRE HISTORIQUE :

Le bâtiment paraît avoir eu pour destination de recevoir les redevances en nature que percevait le chapitre. L'étage inférieur, destiné aux vins, est voûté en deux nefs et trois travées sous-tendues de nervures croisées. Les piliers sont cylindriques et les chapiteaux à crochets. Les contreforts extérieurs accusent la fin du 13e ou le début du 14e siècle. Un escalier en pierre monte en dehors du pignon et donne accès au grenier qu'éclairent de petites lancettes géminées ouvertes dans les pignons.

DESCRIPTION : calcaire ; moellon ; enduit partiel ; bois ; torchis ; pan de bois ; tuile plate

REMARQUE : L'imposante taille de cette grange, qui signifie la richesse de l'archevêché. 

STATUT JURIDIQUE : propriété de la commune

PROTECTION : 1886/07/12, classé MH

Palais de Jean du Berry
Palais de Jean du Berry

ADRESSE : Place Marcel Plaisant

DATATION : limite 14e siècle 15e siècle 

COMMENTAIRE HISTORIQUE :

Cet ancien palais a été reconstruit pour Jean de France, duc de Berry, probablement à partir de 1375, par Guy de Dammartin, puis achevé par Drouet de Dammartin, vers 1398, à la mort de son frère. En 1405 a eu lieu la consécration de la Sainte-Chapelle, détruite en 1757. Les restes du palais comprennent encore un étage voûté et un rez-de-chaussée composé de deux salles. La plus petite de ces salles ne conserve que des fragments de bandeau sculpté qui recevait le solivage du plancher et une porte avec gâble aux armoiries du duc et de la duchesse. La plus grande conserve les restes importants de deux cheminées monumentales sur les trois qui chauffaient la salle. Les meneaux, croisillons et réseaux qui décoraient les ouvertures ont été détruits mais se retrouvent par fragments dans les remplissages des murs.

REMARQUE : Les impressionnants vestiges réhabilités pour l'hôtel du département ; la façade Renaissance qui s'impose mais s'accorde avec la construction classique.

STATUT JURIDIQUE : propriété du département

PROTECTION : 1895/10/28, classé MH

Palais Jacques Coeur
Palais Jacques Coeur

ADRESSE : 10 rue Jacques Coeur

DATATION : 1443 ; 1869

COMMANDITAIRE : Jacques Coeur

COMMENTAIRE HISTORIQUE :

La grand'maison de l'argentier de Charles VII, spécimen remarquable de demeure civile médiévale, fut construite de 1443 à 1450. Les maîtres d'oeuvre furent peut-être Colin Le Picart (maître maçon) et Jean de Blois (maître charpentier). Le plafond peint de la chapelle a été restauré en 1869 par le peintre Denuelle. Hôtel de ville, puis Palais de Justice, l'édifice est désormais géré par les Monuments Nationaux et se visite au titre de Palais Jacques Coeur.

REMARQUE : Incontournable pour ses innombrables décors sculptés.

STATUT JURIDIQUE : propriété de l'Etat

PROTECTION : 1840, classé MH

Hôtel des Echevins
Hôtel des Echevins

ADRESSE : 13 rue Edouard Branly

DATATION : 1489 ; 1559 ; 1624

COMMENTAIRE HISTORIQUE :

Le corps rectangulaire avec tour d'escalier hors-oeuvre a été construit à partir de 1489, sur le rempart gallo-romain. Il a été inauguré en 1492. En 1559 fut construite la tourelle de la prison, à l'angle de la rue Edouard-Branly et de la petite rue de la Narette (supprimée au 17e siècle), qui bordait la cour à l'ouest. La grande galerie fut élevée en 1624 par l'architecte berruyer Jean Lejuge. L'édifice a abrité l'hôtel de ville jusqu'en 1683, date à laquelle il devint la propriété des Jésuites qui y installèrent leurs petites classes. Depuis 1987, l'hôtel est l'écrin des oeuvres de Maurice Estève (1904-2001), alors rebaptisé musée Estève.

STATUT JURIDIQUE : propriété de la commune

PROTECTION : 1886/07/12, classé MH

Hôtel Lallemant
Hôtel Lallemant

ADRESSE : 6 rue Bourbonnoux ; 5 rue de l'Hôtel Lallemant 

ACTUELLEMENTmusée des Arts décoratifs

DATATION : 1497 ; 1506 ; 17e siècle 

COMMENTAIRE HISTORIQUE :

Cet hôtel a été construit à la fin du 15e siècle (1495-1518) pour la famille Lallemant, issue du commerce et parvenue à la noblesse par les offices royaux et municipaux. Il a été transformé en 1506 en adoptant un décor italianisant. Pour J.-Y. Ribault, le début de la construction de l'hôtel se situe en 1495-1497. La maçonnerie est attribuée à Jean Lallemant, l'aîné, receveur général de Normandie. Enfin, de 1506 à 1510, la sculpture de la cheminée et de l'oratoire accompagne des remaniements en cours de travaux. Ces sculptures sont dues à un ouvrier italien.

L'hôtel abrite la collection du musée des arts décoratifs de la ville depuis 1851.

DESCRIPTION :

Inscription sur la tour sud-ouest : PARISIVS.FILI.PRIAM.REX.TREGENECN MAGNAM. Pierre ; moellon ; enduit ; pierre de taille ; ardoise.

REMARQUE :

Mis en valeur par le parcours des Lumières, l'hôtel Lallemant se visite et ses murs et plafonds dévoilent de nombreuses sculptures.

STATUT JURIDIQUE : propriété de la commune

PROTECTION : 1840, classé MH

 

Couvent des Augustins
Couvent des Augustins

ADRESSE : 73-75 rue Mirebeau ; rue Calvin

DATATION : 4e quart 15e siècle ; 1er quart 16e siècle ; 1ère moitié 18e siècle ; 1825

COMMENTAIRE HISTORIQUE :

La fondation à Bourges d'un couvent de l'ordre des Augustins est contemporain ou peu antérieur à 1299. Ces religieux succédèrent aux frères de la Pénitence dont l'ordre fut supprimé en 1274. Les Augustins occupaient l'îlot qui était compris entre les rues Mirebeau, Calvin et Saint-Bonnet. Leur établissement fut en partie détruit par l'incendie qui ravagea une partie de la ville en 1487. De la reconstruction de la fin du 15e et du début du 16e siècle datent le réfectoire, le dortoir, l'église et la chapelle Saint-Jacques. A l'intérieur, quelques cheminées et un escalier en bois massif. D'importants remaniements eurent lieu au début du 18e siècle (bâtiments conventuels, cloître). En 1825, deux maisons furent érigées en bordure de la rue, de part et d'autre d'un passage qui est l'entrée actuelle du couvent. Ce passage couvert, avec grand portail est en plein cintre et joint d'appareil en creux. Calvin, venu étudier à Bourges en 1529, aurait prêché au couvent des Augustins.

STATUT JURIDIQUE : propriété de la commune ; propriété privée ; ouvert en partie

PROTECTION : 1992/07/20, classé MH

 

Hôtel Dieu
Hôtel Dieu

ADRESSE : 34 rue Gambon 

DATATION : 1511-1528 ; 1533 ; 1629 ; 1637 ; 1809 ; 4e quart 19e siècle 

COMMENTAIRE HISTORIQUE :

Entre 1511 et 1528 sont édifiés la chapelle, la salle des malades, la cuisine, le portail d'entrée, sous la direction de Pelvoysin. Marsault Paule exécute les sculptures et Lescuyer, les vitraux (détruits). Au 17e siècle, le besoin d'augmenter les services de l'ancien hôpital, construit par Pelvoysin se faisait sentir. C'est grâce à la générosité d'un clerc, le chanoine du Chapitre du Château, Jean Taillou, que fut élevé le pavillon au fond de la cour. Le marché fut passé en 1629, avec Jean Lejuge, "maître tailleur de pierre et entrepreneur". Le projet fut exécuté avec quelques retouches. Ce pavillon existe toujours. En 1637, édification d'un bâtiment le long de la rue, sur les plans de Lejuge. Pour se faire, on démolit une maison vétuste qui dépendait de l'ancien Hôtel-Dieu, appartenant à Me Antoine Bauldran, notaire royal. Le pavillon renferme chambres basses et hautes avec cheminées, escalier massif en bois, rampes à balustres en fuseaux à la française. Là devaient être logées les personnes nécessaires à la gestion de l'hôpital, tandis que dans les greniers s'entreposaient les provisions. En 1809, modifications intérieures des bâtiments du 16e siècle (plancher, escalier, chapelle, etc.). Agrandissements importants à la fin du 19e siècle et surtout en 1925.

PERSONNES LIEES A LA CONSTRUCTION : Boulot Philippon (maçon) ; Scuthon Etienne (maçon) ; Brisset Pierre (charpentier) ; Jubereau (charpentier) ; Chapuzet (maître charpentier) ; Lejuge Jean (architecte) ; Pelvoysin Guillaume (maître de l'oeuvre) ; Marsault Paule (sculpteur) ; Lescuyer (verrier)

DESCRIPTION : calcaire ; pierre de taille ; moellon ; ardoise ; sous-sol ; étage de soubassement ; étage de comble ; 1 étage carré ; élévation ordonnancée ; toit à longs pans ; pignon découvert ; noue 

STATUT JURIDIQUE : propriété de la commune

PROTECTION : 1946/06/14, classé MH

 

Hôtel Cujas
Hôtel Cujas

ADRESSE : 4 rue des Arènes

DATATION : 1515

COMMENTAIRE HISTORIQUE :

L'hôtel, qui porte couramment le nom du jurisconsulte Jacques Cujas (propriétaire en 1585), fut construit pour Durand Salvi, marchand italien installé à Bourges, peut-être par le maître maçon Guillaume Pelvoysin. L'hôtel abrite depuis 1892 le musée du Berry.

DESCRIPTION : brique rouge et noir (gros oeuvre) ; pierre de calcaire blanche (baie) ; pierre de taille ; appareil losangé en boutisses.

REMARQUE : Architecture atypique qui vaut le coup d'oeil tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, où l'on peut découvrir dès l'espace accueil, une cheminée monumentale.

STATUT JURIDIQUE : propriété de la commune

PROTECTION : 1862, classé MH

Hôtel Brunet
Hôtel Brunet

ADRESSE : 22 rue Joyeuse

DATATION : 1520-1566 ; 1er quart 17e siècle ; 18e siècle

COMMENTAIRE HISTORIQUE :

L'aile nord semble la première à avoir été construite, jusqu'à la tour d'escalier comprise. L'aile en retour, dont l'extrémité donne sur la rue, est datée par deux cartouches : l'un, avec une couronne de roses, porte l'inscription : "Tirer à la rose, 1566, se garder des épines" ; l'autre écu, sous l'allège d'une lucarne, encadré par deux sirènes, porte la même date (la légende est effacée). Une dernière campagne, au 17e siècle, comprend toute l'aile sud avec son quadrillage de bandeaux appareillés, son prolongement aurez de-chaussée avec toiture en Mansard. Au-dessus de la porte du jardin, un écu porte les armes de la famille d'Anjou qui compte des trésoriers de France et des secrétaires de Monsieur au 17e siècle. Au 18e siècle, les familles Alabat puis Bigot ont été propriétaires.

DESCRIPTION :

Sur la rue, un mur de clôture sur cour intérieure s'ouvre par un portail d'entrée à pilastres Renaissance. Le corps principal présente une tourelle d'escalier avec vis en pierre. L'étage bas sur cour comporte des salles voûtées. A l'extrême nord, un couloir avec escalier de service dessert deux avant-corps dont le plus large se prolonge jusqu'à la rue, avec galerie basse ouverte sur la cour par deux baies en plein cintre. A l'étage, une pièce a conservé un ensemble de boiseries d'époque Louis XV, des trumeaux peints à paysage. La façade sur cour s'ouvre par une porte Renaissance avec pilastres et chapiteaux, surmontée d'armoiries et de devises. Celle du corps de logis du 17e siècle présente un décor sculpté de bandeaux saillants en quadrillage.

STATUT JURIDIQUE : propriété privée

PROTECTION : 1961/02/23, classé MH 

Couvent des Ursulines
Couvent des Ursulines

ADRESSE : 8 rue des Arènes

DATATION : 1699

COMMENTAIRE HISTORIQUE :

En 1631, l'implantation de la congrégation des Ursulines entraîna, à partir de 1657, l'édification d'un ensemble architectural adapté aux exigences spirituelles et pastorales de l'ordre. Les bâtiments, disposés de manière régulière, étaient accompagnés de cours et d'un jardin. L'église a souvent été attribuée sans preuve à Jules Hardouin-Mansart. L'auteur est en fait Joseph Lingré, maître-architecte nivernais, et Bullet. La façade et le traitement de l'élévation intérieure sont classiques, avec l'emploi de pilastres ioniques et la présence, à la croisée du transept, d'une coupole hémisphérique. Les bâtiments conventuels souffrirent des dégradations causées par les réutilisations successives.

A la Révolution, les Ursulines ayant été supprimées, ainsi que le Grand Séminaire, c'est dans ces bâtiments de la rue des Arènes que vinrent se grouper les séminaristes du diocèse. Lors de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, les bâtiments furent dévolus au département qui y transféra le Palais de Justice, libérant ainsi le Palais Jacques Coeur.

Les travaux réalisés entre 1821 et les années 1920 touchèrent les couvertures, les charpentes, les niveaux de planchers, les dispositions intérieures, croisées, portes et lucarnes. Ils supprimèrent également les galeries du cloître.

La chapelle, aujourd'hui accueil du Palais de Justice, est de type classique, le chevet plat et les deux bras du transept peu profonds se croisent avec un choeur carré couvert d'une coupole en plâtrerie ; la nef, de deux travées, est séparée du choeur par un emmarchement d'une dizaine de degrés fort bien répartis. Des pilastres ioniques limitent les travées et supportent les arcs. A gauche du choeur se trouve une ouverture qui donnait sur le choeur des religieuses ; elle a été murée et remplacée par une porte donnant accès à la salle des Assises. 

Deux tables de pierre, sur lesquelles sont gravées des inscriptions commémoratives, nous apprennent, l'une que le corps de logis sur la Place de la Nation fut inauguré le 7 mars 1657 par Me Foucault, conseiller du roi et trésorier général des finances à Bourges ; l'autre que le logis sur rue le fut par M. Henri Lelègue, conseiller du roi, Président du baillage et siège présidial de Bourges, le 20 avril 1660.

Cet ensemble architectural témoigne de la floraison des fondations de la réforme catholique en France au 17e siècle et plus particulièrement du succès des nouveaux ordres féminins.

REMARQUE : La conversion de la chapelle du couvent des Ursulines en hall d'accueil du Palais de Justice.

STATUT JURIDIQUE : propriété du département

PROTECTION : 1995/02/03, classé MH

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