Confidences de George Sand en 1831
Lettre de George Sand à Charles Meure, procureur du roi à Clamecy (Lettres autographes, J 3304, pièce n°4)
Cette lettre autographe de George Sand a été donnée aux Archives départementales du Cher par Didier Brugère, vice-président du Conseil départemental du Cher en charge de l'environnement, de l'eau et des routes, en 2024. Elle faisait initialement partie d'un lot de 22 lettres transmis le 15 décembre 1850 aux héritiers de M. Charles Meure, procureur du roi à Clamecy (Nièvre), par le locataire de la maison où ce dernier est décédé, rue Mirougnon (Clamecy). Les héritiers n'en firent pas grand cas et laissèrent les lettres et la maison à un nouveau locataire qui scinda et distribua l'ensemble épistolaire.
Charles Meure est l'un des amis et proches confidents de George Sand durant ses jeunes années en Berry, autour de 1830, auquel elle raconte ses voyages à Bordeaux et à Paris. C'est à lui que l'écrivaine adresse ses plus célèbres professions de foi politique ou envoie une belle description du peule Berrichon « simple dans ses manières, calme dans son langage, mais d'humeur indépendante et narquoise » comme l'« admirable bon sens qui caractérise le cœur de la France ».
Écrite en septembre 1831, la lettre de Georges Sand à Charles Meure, proposée ici à la transcription, rend compte de son départ pour Paris, où elle rejoint les Berrichons Charles Duvernet, Alphonse Fleury et Jules Sandeau avec lesquels elle se lance dans la littérature, et à ses premières participations aux émeutes parisiennes. Sont aussi évoquées la situation de la Pologne et la Campagne de février 1814. Mais le quotidien et ses entraves – dont font partie les membres de sa famille ! – ont une grande place et l’on comprend rapidement, qu’à Nohant, l’écriture noctambule est davantage une nécessité qu’un choix délibéré.
Le ton de la lettre est libre, à la fois touchant et humoristique. George Sand use d'autodérision, d'un comique quelque peu scatologique ; elle joue avec des mots-valises et des langues « indigène[s]». Parfaitement représentatif des lettres déjà étudiées dans la bibliographie sur la correspondance de l'écrivaine, cet exemple inédit montre encore l'envie irrépressible qu'avait George Sand de vivre à sa guise.