La Milice Française

La Milice Française

A ce jour, la Milice dans le Cher est évoquée dans de nombreux ouvrages à travers quelques-unes de ses actions ou certains de ses responsables. Les noms de chefs comme Vigier, Thévenot, Chamaillard ou bien de quelques simples miliciens sont dorénavant bien connus d'un certain public. Bout de l'An et Lécussan, bien que n'étant passé que brièvement dans le Cher, sont aussi familiers aux lecteurs du fait de leur implication dans les évènements de Saint-Amand-Montrond en juin 1944. Le dernier est aussi responsable de l'arrestation de 67 juifs dans la nuit du 21 au 22 juillet, toujours à Saint-Amand-Montrond. Conduits à la prison du Bordiot, à Bourges, plus d'une trentaine seront ensuite exécutés aux puits de Guerry.

Toutefois, aucune étude approfondie ou aucun ouvrage dédié à ce sujet n'ont encore été consacrés à la Milice dans le Cher. Sa création, son organisation, le profil sociologique et les motivations de ses adhérents, un compte-rendu exhaustif de ses activités,... A signaler cependant le livre d’Alain Rafesthain Le Cher sous Vichy, (1940-1944) Collaboration, persécutions et délation qui contient une quinzaine de pages sur le SOL et la Milice.

Brochure annonçant le "programme" de la Milice (3 W 107)
Brochure annonçant le "programme" de la Milice (3 W 107)
Ancien officier et milicien (3 W 115)
Ancien officier et milicien (3 W 115)

DARNAND, héros de 14-18 et de la campagne de France de 1939-1940 ne fut pas le seul officier de l'armée française à s'engager sur la voie du collaborationnisme. Jean DUPUYAU est l'un de ceux-là. Après un bref passage au 1er Régiment de France, il s'engage dans la Milice. Mais ces cadres confirmés ne furent pas assez nombreux pour donner une réelle valeur militaire à la Milice.

Le 14 mai 1946, la cour de justice condamne Jean DUPUYAU aux travaux forcés à perpétuité, à la dégradation nationale et à 20 ans d'interdiction de séjour dans le Cher. Le 7 août 1948, sa peine est commuée en 20 ans de travaux forcés. Le 20 juin 1949, il lui est fait remise de 5 ans. Le 10 mars et le 11 juillet 1951, il bénéficie de deux nouvelles remises de 1 an chacune. Enfin, le 26 mai 1954, l'interdiction de séjour est ramenée à 10 ans.

Tracts (3 W 127)
Tracts (3 W 127)
Une milicienne de Saint-Amand-Montrond (3 W 100)
Une milicienne de Saint-Amand-Montrond (3 W 100)
Le réquisitoire du procureur (3 W 100)
Le réquisitoire du procureur (3 W 100)

Germaine FORMET femme BOUCHAUDON est condamnée le 14 septembre 1945 aux travaux forcés à perpétuité et à la dégradation nationale. Son pourvoi est rejeté le 24 septembre. Le 28 mars 1946, sa peine est commuée en 20 ans de travaux forcés. Le 20 mars 1948, il lui est fait remise de 10 ans. Et enfin le 17 juillet 1948, elle bénéficie d'une nouvelle remise de 5 ans.

Un milicien qui n'a même pas 17 ans (3 W 210)
Un milicien qui n'a même pas 17 ans (3 W 210)

Ne trouvant que peu d'adeptes favorables à sa propagande, la Milice ratisse large. Les jeunes sont des victimes faciles.

Par arrêt du 1er février 1945, Rolland BÉDU est acquitté comme ayant agi sans discernement.

Un élément douteux (3 W 338)
Un élément douteux (3 W 338)

Outre les jeunes, la Milice recrute aussi des éléments douteux, repris de justice et autres sbires plus attirés par les perspectives financières que par l'idéal milicien. Les pillages lors des perquisitions sont fréquents et contribuent à sa mauvaise réputation auprès de la population.

Henri PLANQUE n'a pas la chance d'être jugé légalement, il est fusillé par le maquis de Sainte-Gemme début août 1944.

Chef, je démissionne (3 W 345)
Chef, je démissionne (3 W 345)

Rémy RIVALLAND, autre milicien de moralité douteuse, deux fois condamné pour vol, n'exerce qu'une activité des plus réduites au sein de la Milice avant de démissionner. Cette démission n'est pas très apprécié par son chef départemental qui lui envoie cette lettre menaçante. Le 23 février 1945, la chambre civique de l'Indre le condamne à 5 ans de dégradation nationale.

Ordre de mission d'un milicien réfugié en Allemagne (3 W 159)
Ordre de mission d'un milicien réfugié en Allemagne (3 W 159)
Nombre approximatif de miliciens jugés au 29 septembre 1948 (3 W 60)
Nombre approximatif de miliciens jugés au 29 septembre 1948 (3 W 60)

Ce chiffre ne reflète évidemment pas les effectifs des miliciens des trois départements dépendant du ressort de la cour d'appel de Bourges. Les miliciens décédés ne sont pas jugés. Ceux en fuite peuvent l'être éventuellement par contumace quand l'affaire est d'importance. Certains ont été jugés par les chambres civiques ou déjà condamnés dans d'autres départements. Enfin, pour d'autres, l'affaire a purement et simplement été classée.