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Donation de 300 livres de terre au chapitre de la cathédrale de Bourges, 1402.

8 G 1423 [TSC 90]

1402, mars. – Paris.

Jean, fils du feu roi de France, duc de Berry et d’Auvergne, etc., déclare vouloir offrir au chapitre de l’église cathédrale Saint-Etienne de Bourges, pour la dotation de chapelles, de messes et d’anniversaires, jusqu’à 300 livres parisis de terre, dont il avait obtenu l’amortissement gratuit du roi Charles [VI], notifié par des lettres patentes du 23 janvier 1391 (n. st.), données à Melun, et dont le texte est inséré.

 

Charte de Jean de Berry

Dossier préparé par Elisabeth Schmit et Cloé Rager sous la direction d'Olivier Guyotjeannin et Olivier Matteoni. 

 

Le duc de Berry en bienfaiteur de la cathédrale 

Le document nous éclaire sur les rapports entretenus par Jean de Berry avec les institutions ecclésiastiques dans sa ville de Bourges. En confirmant les revenus du chapitre de l’église cathédrale, le duc perpétue ses bonnes relations avec celle-ci et témoigne de sa vénération pour les reliques prestigieuses qu’elle abrite, et notamment celles du diacre Étienne, premier martyr, et sous l’invocation duquel est placée la cathédrale. La même année, le duc enrichit d’ailleurs le trésor de la cathédrale de Bourges de deux pièces de la vraie croix et de plusieurs joyaux.

 

Un acte soigné mais pas une charte royale

La mise en page et la graphie sont soignées et régulières. Le texte est écrit avec une grande régularité sur des lignes serrées, la justification est bien respectée. L’ornementation est particulièrement présente sur la première ligne, avec de grandes hastes cannelées, qui permettent d’insister sur la titulature du duc et notamment sur les territoires placés sous sa domination. La première initiale du premier mot, le « J » orné de « Jehan », se déploie en verticalité à la gauche du texte, dépassant en taille comme en hauteur toutes les autres lettres, et descendant jusqu’à la douzième ligne du texte. Plusieurs mots (« dudum », « ad perpetuam », « cum », « notum »…) font l’objet d’un traitement graphique spécifique, les mettant en valeur et rythmant ainsi le texte suivant les différentes parties du discours.

Quelques éléments viennent nuancer la solennité du texte : de nombreux mots sont coupés en fin de ligne, d’autres ont manifestement été cancellés par le scribe.

On notera la présence d’un sceau de cire verte sur lacs de soie verte. On y distingue une silhouette, à coup sûr celle du duc. Sans doute s’agit-il du troisième grand sceau du duc (Corpus des sceaux français, III, Les sceaux des reines et des enfants de France, n° 129).

La titulature du duc est ici particulièrement développée, insistant tout d’abord sur sa qualité de prince de sang, puis énumérant les principautés, avant de terminer sur sa charge de lieutenant du roi en Languedoc et Aquitaine. L’exposé est particulièrement étendu du fait de l’insertion des lettres de Charles VI données à Melun en 1391, jusqu’aux mentions hors teneur de celles-ci. Le dispositif paraît alors relativement bref, avec un redoublement des verbes sur le modèle royal. Il est assorti d’une clause injonctive, puis dérogative.

L’imitation des formules royales, très prégnante, n’est pas systématique : malgré sa valeur perpétuelle, l’acte n’a pas toutes les caractéristiques des « chartes » royales : nombre de mots sont coupés en fin de ligne ; la soie de l’attache est seulement verte ; le sceau ducal est annoncé par une corroboration simplement probatoire ; il est qualifié de « lettres »…

 

Transcription paléographique

Edition

Parties du discours

Mentions dorsales


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