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Les registres paroissiaux

Cathédrale de Bourges, fonts baptismaux

Avant la Révolution française, les registres paroissiaux sont les documents les plus utiles et les plus complets pour établir un arbre généalogique.

Un registre paroissial est un livre dans lequel sont enregistrés les actes qui témoignent d'une appartenance à une confession chrétienne dans une paroisse. Le desservant y inscrit les actes nominatifs et datés liés à un baptême ou à un mariage conférés à un ou plusieurs membres de sa paroisse. Par extension s'y trouvent également les sépultures données aux défunts. Dans le royaume de France, les autorités civiles et religieuses ont veillé depuis le XVIe siècle à la bonne tenue des registres paroissiaux.


1.Réglementation civile

Août 1539 : édit de Villers-Cotterêts. Le curé de chaque paroisse doit tenir un registre de baptêmes sur lequel seront inscrits les nouveaux baptisés, avec indication du temps et de l'heure de la naissance. Pour les décès, chapitres, couvents et curés sont invités à ouvrir un registre, mais seulement pour l'inscription de la mort des titulaires de bénéfices ecclésiastiques. Il n'est pas question des mariages. Pour assurer la conservation des registres de baptêmes et de sépultures, le roi exige qu'ils soient signés du notaire, du curé ou d'un membre du chapitre et qu'ils soient déposés au greffe des bailliages ou des sénéchaussées.

 

Mai 1579 : ordonnance de Blois. Les registres de mariages sont créés et la publication des bans avant la cérémonie est exigée. Les curés doivent apporter aux greffes royaux, dans le délai de deux mois après la fin de l'année, leurs registres de baptêmes, mariages et sépultures. 

 

En dépit de ces consignes, les registres paroissiaux ne sont tenus d'une façon régulière dans le Berry qu'au début du règne de Louis XIV.

 

1667 : ordonnance touchant la réformation de la justice. Toutes les dispositions antérieures sont reprises et complétées. 

  • Chaque année seront ouverts deux registres dont les feuillets seront cotés à la première et à la dernière page par le juge royal du lieu, l'un pour servir de minute et demeurer entre les mains du curé, l'autre pour servir de copie et être porté au greffe de la justice royale. 
  • Les baptêmes, mariages et sépultures seront inscrits sur un même registre, suivant l'ordre des jours, sans laisser aucun blanc.
  • Six semaines après la fin de chaque année, la minute et la copie seront portées au greffe de la justice royale où le greffier comparera les deux versions, rendra au curé la minute et conservera la copie. 
  • La présence d'au moins deux témoins pour les baptêmes et sépultures et même de quatre pour les mariages sera exigée.
 
Le dépôt des registres au greffe est contrarié à la fin du XVIIe siècle : en vue de renflouer les caisses de l'Etat, des offices de greffiers conservateurs des registres de baptêmes, mariages et sépultures, sont créés. Cette mesure contreproductive dure de 1691 à 1716. 
 
1736 : déclaration donnée à Versailles. Elle reproduit dans ses grandes lignes l'ordonnance de 1667 mais innove sur un point. Jusque-là, des deux registres ouverts par le curé, la minute seule renfermait la signature des témoins et du curé. La copie était transcrite plus tard et signée du seul curé, d'où de nombreuses erreurs. La déclaration de 1736 prescrit de rédiger les actes dans les deux registres en même temps et de les faire signer de toutes les parties pour qu'ils aient valeur d'original. La seule différence tient désormais à la transcription de la copie sur papier commun, la minute étant tenue sur papier timbré. Aucune
 modification sérieuse n'est plus apportée jusqu'à la Révolution.
 
 
20 septembre 1792 : loi sur l'état civil. Les registres paroissiaux sont inventoriés et clos par un officier municipal et rassemblés à

la mairie. Quant aux collections déposées dans les greffes, elles passent à la suite de la circulaire ministérielle du 6 août 1817 aux greffes des tribunaux de 1re instance, puis aux Archives départementales. 


2. Réglementation religieuse

  
La majorité des paroisses incluses dans le département du Cher à la Révolution dépendait du diocèse de Bourges. Faisaient exception : 
  • au nord, la paroisse de Brinon-sur-Sauldre, qui relevait de l'évêché d'Orléans ;
  • à l'est, les paroisses de Mornay-sur-Allier, Neuvy-le-Barrois, Apremont-sur-Allier, Cuffy, Patinges, Cours-les-Barres, Jouet-sur-l'Aubois, Marseille-les-Aubigny, Beffes, Saint-Léger-le-Petit, Argenvières et La Chapelle-Montlinard, qui étaient rattachées à l'évêché de Nevers. 
Dans le diocèse de Bourges, trois ouvrages principaux ont fait connaître les prescriptions des archevêques :
 
  • Manuel sacerdotal contenant la façon d'administrer les sacremens et offices ecclésiastiques qui conviennent notamment aux curés selon l'usage de l'église métropolitaine et diocèse de Bourges, receu et dressé par l'ordonnance de [...] monseigneur André de Fremiot, archevesque de Bourges, Bourges, 1616.
  • Rituel de Bourges... fait par Anne Levy de Ventadour, archevêque de Bourges [...], publié par Jean de Montpezat de Carbon, archevêque de Bourges, Bourges, 1666.
  • Rituel du diocèse de Bourges publié par Frédéric-Jerosme de Roye de La Rochefoucauld, archevêque de Bourges, Bourges, 1746. 
 

Le Manuel sacerdotal  de 1616 prévoit l'ouverture de trois registres pour la tenue des actes paroissiaux, l'un pour les baptêmes, le second pour les mariages, le troisième pour les sépultures. Ces trois registres seront signés par le curé et les parties et remis chaque année par le curé à l'archidiacre au moment de sa visite, archidiacre qui les portera à son tour au greffe des insinuations ecclésiastiques.

 

Le Rituel  de 1666 demande au curé de tenir trois registres, mais avec cette  différence qu'ils seront rédigés en double exemplaire dont l'un, revêtu de la signature du curé et des parties, sera conservé dans la paroisse, tandis que le second, portant seulement la signature du cré, sera remis tous les deux ans au greffe de l'archevêché. Nulle part il n'est question de la remise au greffe des justices royales comme le prescrit l'ordonnance de Villers-Cotterêts. A l'imitation de beaucoup de diocèses, celui de Bourges rechignait sans doute à se soumettre symboliquement aux autorités civiles à travers la remise des registres dans les bailliages.

 

Avec le XVIIIe siècle, la situation se normalise : en 1746, Mgr de La Rochefoucauld enjoint aux curés de porter leurs registres au greffe des justices royales conformément aux prescriptions de la déclaration de 1736.  

 

Rituels et manuel sacerdotal contiennent également des indications sur le formulaire des actes. 

  • Pour le baptême, le manuel de 1616 donne le modèle suivant : "Le ... jour du mois de ... l'an ... a esté baptizé N., fils de N. et de N. ses père et mère et fut son parrin N. et sa marraine N. (lesquels signeront avec le curé s'ilz sçavent signer)". Les rituels de 1666 et 1746 ajoutent à ces exigences minimales le nom de l'officiant et la date de la naissance du baptisé. 
  • Pour le mariage, le manuel de 1616 donne le modèle suivant : "Le ... jour du mois de ... l'an ... a esté solemnisé le mariage entre N. et N. en présence de N. et N. pères et mères, tuteurs ou parens (lesquelz signeront pareillement s'ils sçavent signer)." 
  • Pour les sépultures, le manuel de 1616 se borne à réclamer la date de l'inhumation, le nom et la qualité du décédé. Les rituels de 1666 et de 1746 ont des exigences supérieures : la date de l'inhumation, les nom, surnom et qualité de la personne inhumée, la dte du décès, l'endroit de l'inhumation (cimetière ou église), la qualité de l'officiant (curé ou vicaire), les noms et qualités des témoins qui seront au minimum deux. 

 3. Bibliographie sommaire


Bernard Gildas, Guide des recherches sur l'histoire des familles, Paris, 1981, 335 p. (AN 81)

Gandilhon Alfred, Inventaire sommaire des Archives départementales du Cher antérieures à 1790, série E supplément, t. 2, Bourges, 1919, p. 5-18. 

Morichon Jean, Les registres paroissiaux et d'état civil conservés aux Archives et dans les communes du département du Cher, Bourges, 1984, 16 p. (Br 4° 1115)

 

Chârost, église Saint Michel et cimetière communal

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