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Fiche 3: La base aérienne d'Avord pendant la Grande Guerre

Références des documents

 - carte postale du centre militaire d'aviation d'Avord (pavillons d'officiers et ateliers), 28 avril 1913, 7 Fi Avord 3

 - carte postale du centre militaire d'aviation d'Avord (instruction des élèves pilotes),1912 – 1914, J 2733(1)

 - La piste d’entraînement, dessin en couleurs de Marcel Jeanjean tiré de son album intitulé « Sous les cocardes, scènes de l’aviation militaire », page 11, Librairie Hachette, 1919, Collection Michel Pelliot

 - Le bombardement, l'attaque du drachen dessins en couleurs de Marcel Jeanjean tirés de son album intitulé « Sous les cocardes, », page 31, Librairie Hachette, 1919, Collection Michel Pelliot

 - Georges Carpentier, pilote à Avord, photographie tirées d’un album appartenant à l’aviateur Lalanne, 1915, 7 Fi Avord 6

 - Portrait de Guynemer, photographie, Source Internet, domaine public, libre de droit.

 - Les quatre victoires de Guynemer, dimanche 10 juin 1917, article tiré de La Dépêche du Berry, 153 Per 21

 - Image représentant un avion allemand apeuré par le passage des cigognes, dessin en couleurs de Marcel Jeanjean, tiré de son album intitulé « Sous les cocardes, scènes de l’aviation militaire ». Librairie Hachette, 1919, Collection Michel Pelliot

 

Classes concernées et place dans le programme

- Cycle 3 : la Première Guerre mondiale

- Classe de Troisième : la Première Guerre mondiale : vers une guerre totale (1914-1918)

- Classe de Première : les guerres mondiales (1) : la Première Guerre mondiale, une guerre totale ?

 

 Problématique

  Comment des documents d'archives témoignent-ils du fait que l'aviation est devenue une arme pendant la Première Guerre mondiale  ?

   

Contexte historique et analyse du document

   En 1910, sur proposition d'élus du département du Cher et du colonel Hirschauer, le ministère de la Guerre accepte que le champ de manœuvres du camp d'Avord soit transformé en une véritable « école d'aviation pour former des pilotes ». A la suite de la loi du 29 mars 1912, l'aéronautique militaire française est définitivement organisée. La base d'Avord est solennellement inaugurée le 23 juillet de la même année en présence du capitaine Bellenger (1878-1977), son premier commandant et assure l’instruction des élèves pilotes. Elle comprend un terrain d'aviation, quatre hangars destinés à accueillir les premiers monoplans Blériot et des logements pour le personnel .

 Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Dans les premiers jours de septembre, le capitaine Bellenger apporte un renseignement capital au général Galliéni, commandant Paris : l'armée allemande du général Von Klück se dirige vers le sud-est de la capitale. Joffre lance alors ses troupes contre le flanc droit de l'armée allemande et c'est la victoire de la Marne. L'avion vient de faire la démonstration qu'il était un outil indispensable de reconnaissance, mais il n'est pas encore pris pour une arme offensive nouvelle. Dès 1916-1917, le centre de formation au pilotage d'Avord devient la première école d'aviation du monde. Le nombre d'avions passe de quelques dizaines en 1914 à 1300 en 1918.  Avord forme pendant quatre ans plus de 10 000 aviateurs français et étrangers - dont 150 américains – et compte 170 instructeurs, 2560 mécaniciens et 384 civils à la fin de la guerre. Dans les écoles d'aviation françaises, le futur pilote passe par des étapes qui lui donnent une formation d'aviateur tout en façonnant sa mentalité. L'ouvrage illustré par l'aviateur et dessinateur Marcel Jeanjean (1893-1973), intitulé « Sous les cocardes », présente avec humour le fonctionnement quotidien d'une  base d'aviation pendant la Première Guerre mondiale. Ayant connu les tranchées, devenu pilote de reconnaissance en 1917, cet artiste croque la vie quotidienne de son escadrille sur des carnets dont il tirera ce remarquable album en 1919. Afin d'obtenir leur brevet militaire, les apprentis-pilotes doivent d’abord apprendre à conduire un « pingouin », un avion incapable d'effectuer le moindre vol mais destiné à rouler d'un bout à l'autre de la piste. Peu après, ils s’entraînent à effectuer des décollages et des atterrissages avant de réaliser des vols avec de vrais avions en compagnie de moniteurs. Après 36 heures en l'air, dont une quinzaine seul dans l'appareil, les apprentis-pilotes peuvent prétendre passer leur brevet militaire qui consiste à effectuer un long voyage de 200 kilomètres avec le même appareil, à monter à des altitudes élevées (souvent supérieures à 2000 mètres), et à descendre pendant quelques minutes en spirale moteur arrêté.

  La rapidité de leur formation est néfaste à la qualité de l'instruction : une bonne partie de ces pilotes inexpérimentés meurent sur le front. Pendant toute la Grande Guerre, certains pilotes sont chargés d'organiser l'observation des tirs d'artillerie, de détruire les ballons d'observation allemands (les drachens) et de photographier le front.  Les pilotes naviguent avec des moyens de repérages sommaires et doivent affronter plusieurs ennemis redoutables: l'artillerie ennemie qui crible de balles les appareils, le vent, mais aussi le brouillard et la pluie qui exposent l'aviateur à rencontrer des obstacles imprévisibles. Les accidents, les décès de pilotes sont nombreux. Dès 1915, l'avion est devenu un outil de combat et de bombardement. En juin de la même année, le célèbre boxeur professionnel Georges Carpentier (1894-1975) intègre l'armée de l'air après avoir passé avec succès son brevet de pilote militaire sur la base aérienne d 'Avord. Posant en tenue d'aviateur, un bras posé sur son bombardier Farman, il affirme sa qualité de soldat appartenant à une élite. Ces bombardiers français, reconnaissable aux cocardes tricolores qu'ils portent sous leurs ailes, sèment la terreur parmi les soldats allemands. Pendant la Grande Guerre, les pilotes aiment se faire photographier près de leur appareil comme les anciens militaires à cheval aimaient se faire immortaliser aux côtés de leurs montures. Blessé au bout de dix-huit mois de combat, Georges Carpentier reçoit la Croix de guerre avant de réintégrer la vie civile.

  Engagée dans des combats toujours plus nombreux, l'aviation commence à jouer un rôle significatif – même s’il reste marginal par rapport à celui de l’infanterie ou de la marine. En novembre 1918, l'aviation militaire française compte 260 escadrilles et 3500 avions qui dominent un ciel où les combats se sont révélés aussi sauvages et cruels que sur les sols labourés par la chute de millions d'obus. Chaque jour, la guerre, grande dévoreuse d'hommes, réclame de nouvelles vies humaines.

  Des pilotes de chasse célèbres passent par l'école de pilotage d' Avord pendant la Première Guerre mondiale : Georges Guynemer (1895-1917) ou Georges Madon (1892-1924), qui donne son nom à la base d' Avord le 30 juillet 1982, entre autres. Guynemer arrive à Avord le 21 mars 1915 en tant que pilote et quitte la base le 8 mai suivant. Le 8 juin, il est affecté à la célèbre escadrille numéro 3 dite « des Cigognes » à Vauciennes, terreur des avions allemands. Les chasseurs ont pour mission de provoquer les pilotes ennemis dans des sortes de duels modernes meurtriers et d'abattre leurs avions. L'aviation de chasse fournit aux journalistes de nouveaux héros sans peur, des  « chevaliers du ciel », qui renouent avec la tradition de la guerre « noble », loin de la violence de masse déshumanisée qui caractérise la Première Guerre mondiale. Pilote français le plus célèbre et le plus honoré de la Première Guerre mondiale, le capitaine Georges Guynemer s’illustre brillamment dans l'aviation avec cinquante-trois victoires : ses exploits sont largement relatés par la presse. Décoré des plus hautes distinctions, il meurt au combat le 11 septembre 1917 et repose au Panthéon le mois suivant. En quelques années, Georges Guynemer est donc devenu un pilote de légende et un mythe.

 

 Pistes d'exploitation pédagogique

On peut utiliser ces documents dans le cadre de l'histoire des arts, d'un cours d'Histoire en cycle 3 , en classe de troisième et en classe de Première.

- Identifiez les documents en donnant leur nature, leurs auteurs et leurs dates. En histoire des arts, faites une recherche sur l'illustrateur français Marcel Jeanjean. 

- Décrivez les document 1, 2, 3. Comment ces documents illustrent-ils les débuts de l'aviation française avant la Première Guerre mondiale ?   

Alain GARDANT, professeur chargé du service éducatif des Archives départementales du Cher

 

Bibliographie

MARCK B., Histoire de l’aviation, Paris, 2012.

GARDANT A., GIVERT V., L'aéronautique dans le Cher 1910-1940, 2010, dossier pédagogique accessible sur le site internet archives18.fr


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