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Émile VIOLET, ouvrier à "la Pyro"

Départ pour Bourges – avril 1915

L'École Centrale de Pyrotechnie Militaire

Émile VIOLET est né le 3 avril 1877 à Clessé (Saône-et-Loire). Vigneron, c'est aussi un folkloriste, spécialiste du patois mâconnais, auteur de nombreux ouvrages.

Le 30 mars 1915, il est convoqué au 37e régiment d'artillerie à Bourges où il doit se rendre le 12 avril. Le 19 avril, il commence son travail à "la Pyro" (appellation familière pour l'École Centrale de Pyrotechnie Militaire). Il débute aux ateliers des explosifs au point 700 mais change plusieurs fois de poste de travail par la suite.

Dans son récit apparaissent les dangers inhérents à ce genre de fabrication. Les conditions de travail sont dures, les produits - comme le mercure - toxiques, les explosions fréquentes, arrachant une jambe, crevant un oeil ou causant d'autres graves blessures, voire même tuant un malheureux ouvrier dans un moment d'inattention. Le lait est l'anti-poison universel mais il se révèle peu efficace. Tremblements, vertiges, affections de peaux touchent toutes les personnes exposées.

Les conditions d'hébergement d'Émile ne sont pas non plus très confortables. A son arrivée, il loge dans un hangar et dort sur une simple paillasse. Le 7 juillet, il trouve une place sous une tente. Les jours de pluie, l'eau tombe sur son lit.

Heureusement, les visites de sa femme et de sa fille sont un dérivatif à sa triste situation et il apprécie beaucoup les séjours à l'hôtel en leur compagnie. Il décide finalement de louer un logement et de les faire venir à Bourges pour l'hiver. Le 15 octobre 1914, ils emménagent. Elles repartent en avril.

Du 28 juillet 1914 au 3 août 1919, Émile VIOLET tient un journal dans lequel il commente les événements locaux et internationaux et raconte sa guerre, ses conditions de travail, les restrictions qui s'amplifient, sa famille qui lui manque. De loin en loin, il mentionne la mort d'un ami, tombé au front.

Ce fonds (cote 5 NUM 39) provient de documents prêtés par Monsieur Denis ROUDIER aux Archives départementales de Saône-et-Loire qui en ont assuré la numérisation.

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L'École Centrale de Pyrotechnie Militaire

Transférée de Metz à Bourges en 1870, l'École Centrale de Pyrotechnie Militaire assure la formation des artificiers. A cette première mission s'ajoute ensuite la fabrication de munitions pour l'artillerie et l'aviation. Pendant la Grande Guerre, la production journalière est de 80 000 cartouches, 40 000 fusées d'amorçage et 700 kg de fulminate de mercure (utilisé dans la fabrication des amorces).

                                                                            Didier Arnold

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Pour visionner ou télécharger une biographie succincte d'Émile VIOLET, cliquez sur le lien suivant :

Logement sous la tente – juillet 1915 Au travail avec un collègue Le travail «Il y a du danger ici» - 19 avril 1915 Le mercure sort de terre et il pleut sur le lit d'Émile – 19 juillet 1915 Explosion à la fulminaterie, 3 morts et 12 blessés – 1er mars 1916 Sortie des ouvriers (cote 3 Num 10/5)

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