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J 2860 Fonds Jean Goeury (1ère Guerre mondiale)

Permission en 1916

Don de Mr Jean GOEURY

Première Guerre mondiale, documents de la famille PASDELOUP : lettres, cartes postales, cours officiel des viandes de boucherie, permission, photo-carte [reproduction] (1914-1918) ; autres périodes : correspondance, croquis, congé, avertissement, carte d'électeur, bulletin du voyageur, photographies (1910-1913 ; 1919-1954). 1910-1954

Description complémentaire :

Philibert Pasdeloup est né le 30 avril 1874 aux Aix-d'Angillon (Cher). Son épouse, Élise Lefort, est née le 23 janvier 1882, dans la même commune.

Les parents de Philibert étant bouchers, c'est donc tout naturellement que lui et sa femme exercent ce métier, sans doute en reprenant l'affaire familiale aux Aix. Il cultivent aussi des terres agricoles où poussent la vigne, le blé et l'avoine, et possèdent des prés, pour engraisser les bêtes achetées.

Le couple a une petite fille, Huguette, et la vie se déroule normalement lorsque survient la Grande Guerre qui va séparer cette petite famille apparemment très unie.

Philibert, qui a plus de 40 ans, est d'abord affecté à la garnison du fort du Château, à Briançon, au 11e RAP (régiment d'artillerie à pied), l'artillerie de place. En novembre, les hommes déménagent et sont logés à l'usine de la Schappe, une grande fabrique de soie. Puis, en décembre, c'est le départ pour le fort de Vancia, situé sur le territoire des communes de Sathonay-Village et de Rillieux-la-Pape, au nord de Lyon. En juillet 1915, Philibert est affecté au poste demi-fixe de DCA n°69, 25 km au nord-ouest de Nancy. En décembre, le voila revenu vers Lyon, au fort de Chapoly, à Saint-Genis-les-Ollières. Au mois d'août 1917, il est à Rueil (Seine-et-Oise, aujourd'hui Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine), au dépôt des unités de DCA aux Armées. Le 1er octobre, il est muté au 63e RA, toujours à Rueil. Son unité part ensuite pour la commune de La Houssoye (Oise, au sud-ouest de Beauvais). Puis, le 4 octobre 1918, c'est Catigny, toujours dans l'Oise, mais plus à l'Est, et ensuite Noyon. C'est là que Philibert PASDELOUP apprend la nouvelle de l'armistice.

Dans ses lettres à Élise, Philibert parle de temps en temps de son métier. Il évoque ainsi le prix de la viande et d'autres préoccupations propres à un boucher. Sinon, comme dans toutes les lettres de poilus, il demande des nouvelles de sa fille et de la famille, parle de son quotidien, des vêtements, de la nourriture, du temps qu'il fait, des permissions attendues avec impatience.

Ce fonds comprend 69 lettres de Philibert à sa femme, écrites du 13 septembre 1914 au 3 décembre 1918.

Pendant que Philibert est sous les drapeaux, c'est Élise qui a la charge de la boutique. Elle est aidée par Désiré, le frère de Philibert, qui, atteint d'une maladie du coeur, est inapte au service. Mais ce dernier est aussi fort occupé dans sa mairie.

Dans sa correspondance avec son mari, outre les nouvelles familiales et les petits mots écrits par Huguette, Élise parle régulièrement de la bonne marche du commerce et des difficultés qu'elle éprouve en ces temps difficiles : quelle viande elle a vendue, les prix d'achat de la viande et les prix de revente, quelques mots sur les clients ou les autres bouchers,... Il lui faut de plus s'occuper des terres que le couple possède, et des récoltes de blé et d'avoine. Enfin, elle s'occupe aussi de planter des betteraves, des haricots et des pommes de terre.

Ce fonds comprend 45 lettres d'Élise à son époux, rédigées du 5 août 1914 au 28 décembre 1918.

Cette donation est donc particulièrement intéressante sous plusieurs aspects. D'abord, le fait de pouvoir non seulement lire les envois du soldat, mais aussi les réponses de l'épouse, ce qui est moins courant. Ensuite, l'aperçu qui est ainsi donné de la vie des femmes à l'arrière. Ici, en l'occurence, il est possible de se faire une idée du travail d'une commerçante, qui de plus cumule avec son activité à la boucherie des tâches agricoles.

Malheureusement, ce fonds ne comprends pas l'intégralité des échanges épistolaires entre Philibert PASDELOUP et son épouse. Ainsi, aucune lettre d'Élise de 1917 ne sont conservées, et très peu de 1916.

Enfin, quelques courriers de et à d'autres membres de la famille complètent cette évocation de la guerre de 1914-1918. Philibert PASDELOUP est l'un des parents de Charles SÉRIGNAN qui est évoqué dans quelques lettres, ce dernier est le grand-oncle du donateur.

Didier Arnold


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