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Deuxième emprunt de la défense nationale, en avant armée de l'épargne c'est pour la patrie

Deuxième emprunt de la défense nationale, en avant armée de l'épargne c'est pour la patrie

affiche d'Alcide Robaudi, 1916, 140 x 89,2 cm

Classes concernées et place dans le programme

- Cycle 3 : la Première Guerre mondiale

- Classe de Troisième : la Première Guerre mondiale : vers une guerre totale (1914-1918)

- Classe de Première : les guerres mondiales (1) : la Première Guerre mondiale, une guerre totale ?

- Histoire des arts : arts du visuel (affiche de propagande)

 Problématique

 Comment une affiche de propagande cherche-t-elle à mobiliser la population de la France en guerre ?

 Contexte historique et analyse du document

             La Première Guerre mondiale est une guerre totale qui a mobilisé toutes les ressources des états engagés dans le conflit pour détruire l'adversaire. Dès l’automne 1914, les Français sont incités à acheter des bons de la Défense nationale ou à souscrire aux emprunts nationaux afin de financer les énormes dépenses militaires, combler les déficits qui se creusent et seconder les sacrifices endurés par les millions de soldats sur le front. Leur lancement est popularisé par des campagnes d'affiches destinées à stimuler la générosité des Français et auxquelles participent un nombre important d'artistes. L'affiche de propagande est donc un outil de la guerre totale (voir dossier pédagogique « le Cher pendant la Première Guerre mondiale »).

             Réalisée par le peintre et illustrateur français, Alcide Robaudi (1850-1928), cette affiche annonce l’emprunt de la Défense nationale lancé en octobre 1916, alors que s'achèvent les batailles meurtrières de Verdun et de la Somme. Elle insiste sur l'idée que les Français de l'arrière doivent totalement se mobiliser pour la victoire de nos armées, en faisant des sacrifices financiers et établit un parallèle entre l'armée des soldats au front et l'engagement total de l'arrière, en lui donnant une valeur équivalente.

            L'affiche représente la procession du peuple français qui vient déposer aux pieds de Marianne – vêtue du drapeau tricolore – les fonds nécessaires pour poursuivre la guerre. Tous les Français doivent soutenir la guerre menée par les forces alliées contre les empires centraux : c’est « l’Union sacrée » mise en œuvre lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Cette « armée de l'épargne » englobe des personnes d'origines sociales diverses – des plus modestes aux plus aisées - unies pour la défense de la patrie.  Le défilé est mené par un paysan en blouse bleue, suivi d’une ouvrière économe, d’un employé coiffé d’un chapeau melon et d’un bourgeois portant un canotier. Aux pieds de Marianne, une petite fille montre l'exemple aux adultes en s'apprêtant à briser sa tirelire afin de souscrire à l'emprunt national : aucune personne ne doit s'imaginer que ce sacrifice ne la concerne pas.

            Au centre de la composition, Marianne, figure allégorique de la République française, est représentée immobile, les paumes ouvertes, telle une madone. Alcide Robaudi parvient ainsi à rassembler la France républicaine et la France chrétienne. En surplomb, le pilier de l’Arc de triomphe est orné par la statue « La Marseillaise » de François Rude inaugurée en 1836 sous Louis-Philippe. Cette œuvre célèbre – qui rappelle le départ des volontaires français afin d’aller défendre la patrie déclarée « en danger » en 1792 - donne le signal du départ des soldats vers le front. Un petit garçon nu, s'apparentant aux chérubins de la peinture romantique, coiffé d'un casque de « poilu » et portant un glaive, vient renforcer cette composition patriotique et guerrière. Tel un enfant aux pieds de sa mère, il évoque l'adhésion infaillible des Français à leur nation afin d' assurer la victoire. Il rappelle également aux parents qu'ils doivent souscrire à l'emprunt national afin d'assurer à leurs enfants un meilleur avenir. L'enfant est mis au service de la guerre patriotique et victorieuse qu'il faut exalter. 

            Les Français, en particulier les paysans, sont souvent critiqués à cette époque pour former des pécules sans les placer : ils sont donc mis à contribution afin de faire couler l’argent en abondance pour l'emprunt national. Pris tel quel, ce document peut donner à penser qu’un élan patriotique puissant et continu caractérise la société française durant le premier conflit mondial. Cela est vrai en partie, et références employées ici renvoient à certaines représentations des contemporains. Mais les choses se présentent aussi de façon un peu plus prosaïque, puisque les emprunts de la défense nationale sont aussi des placements avantageux pour les nombreux épargnants ciblés par ces affiches. D'autre part, la population française est bouleversée par les terribles combats de 1916 (Verdun, Somme) qui se déroulent à cette période. La coupure entre la société de l’arrière et le front est réelle : pour financer la guerre, l’État doit développer une intense propagande. L'emprunt national de 1916 rapporte 10 milliards de francs, soit nettement moins que celui de 1915 (15 milliards).

 Pistes d'exploitation pédagogique

- Donnez une définition du mot « propagande ». En histoire des arts, faites une recherche sur le peintre français Alcide Robaudi. Identifier le message délivré par cette affiche puis décrivez-la. 

- Comment cette affiche de propagande incite-t-elle les Français à souscrire à l'emprunt national afin de financer l'effort de guerre ?

- Qu'est-ce que « l'union sacrée » ? En quoi cette affiche illustre-t-elle « l'union sacrée » mise en œuvre dès le début de la Première Guerre mondiale ?

 On peut utiliser ce document dans le cadre de l'Histoire des arts (arts du visuel) ou dans le cadre d'un cours d'Histoire en cycle 3, en classe de troisième et en classe de Première.

On peut aussi comparer ce document avec l'affiche réalisée par Georges Redon en 1917 (document 2) et intitulée « Pour que vos enfants ne connaissent plus les horreurs de la guerre, souscrivez à l'emprunt national Société générale ». La comparaison entre les deux documents permet de montrer que l'opinion publique française a profondément évolué pendant le premier conflit mondial et que le pacifisme est devenue une valeur plus commune.

 + lien avec le dossier pédagogique « le Cher pendant la Première Guerre mondiale »

 Alain GARDANT, professeur chargé de mission auprès du service éducatif des Archives départementales du Cher

Bibliographie

 BECKER J. J., Les Français dans la Grande Guerre, Paris, 1980.

BECKER J. J., BERSTEIN S., Victoires et frustrations, Paris, 1990.

Copyright Archives départementales du Cher

lien « Pistes pédagogiques cycle 3, Troisième, Première » (deuxième et troisième page)

R1511

affiche de propagande d'A. Robaudi (1916)

  Cette affiche réalisée par l'artiste Alcide Robaudi cherche à promouvoir l'emprunt de la Défense nationale de 1916. Elle représente la procession du peuple français qui vient déposer aux pieds de Marianne – vêtue du drapeau tricolore - l’argent nécessaire à la poursuite de la guerre.


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