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Bourges est libérée par la Résistance

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Article de presse du Patriote Berrichon, 7 septembre 1944, 71 J 61

Photographie de la compagnie FTPF Chevrin, 6 septembre 1944, 71 J 41

 

A la fin de l’été 1944, la libération du département prend un caractère particulier : jusqu’à la mi-septembre, au moins 5000 maquisards harcèlent les troupes d’occupation qui battent en retraite vers l’est de la France et se déplacent dans le Cher. Avec une efficacité remarquable, ils permettent aux Alliés de poursuivre l’ennemi et libèrent peu à peu les villes du département.

           Le premier document est un article de presse tiré du «  Patriote Berrichon », organe local du Front National. Ce journal est le premier quotidien à sortir des presses de  « La Dépêche » confisquées et occupées par les résistants. Il relate les grandes étapes de la journée du 6 septembre 1944, journée au cours de laquelle Bourges fut libérée par des centaines de maquisards du département. Le second document représente une partie de la compagnie F.T.P.F. Chevrin, rassemblée place Malus, juste après la libération de la capitale du Berry. Cette compagnie mixte, composée de 140 personnes, a combattu dans notre département du 1er juin au 13 septembre 1944 et porte le nom de Louis Chevrin, premier responsable F.T.P.F. du Cher, fusillé le 8 octobre 1943 à Orléans. Cette photographie est à l’image de la Résistance française, monde minoritaire qui associe des citoyens ordinaires en général, souvent jeunes et venus d’horizons différents. Les hommes portent l’uniforme des maquisards et ne possèdent que des armes légères (mitrailleuses, mitraillettes et fusils en particulier). Les femmes, bien que peu nombreuses, ne sont pas absentes du document. Elles n’appartiennent pas aux unités combattantes et semblent avoir eu d’autres fonctions, en particulier le soin aux blessés ou la transmission des renseignements.

            Le matin du 6 septembre 1944, la Résistance apprend que les deux mille soldats allemands stationnés à Bourges viennent de quitter la ville, à l’exception de quelques dizaines d’entre eux qui occupent encore la caserne Carnot. Le chef des Forces Françaises de L’Intérieur du Cher, Arnaud de Voguë (dit « colonel Colomb ») décide alors de libérer la ville. Le convoi libérateur entre à Bourges par la route de Saint-Michel vers midi. IL est composé de « Colomb », du commandant F.T.P.F., Jean-Baptiste Magnon (dit « Jean-Baptiste »), et des maquisards des régions de Menetou-Salon et d’Ivoy-le-Pré. Les soldats allemands sont rapidement maîtrisés. En remontant la rue Moyenne, le convoi rencontre des habitants qui, dans un premier temps, semblent frappés de stupeur. Comme le montre l’auteur de cet article, la nouvelle de la libération de Bourges, instantanément propagée, fait apparaître aux façades des immeubles une multitude de drapeaux aux couleurs françaises et alliées. Très vite une foule compacte et joyeuse envahit la rue et acclame ses libérateurs. Peu à peu, la marche reprend lentement. Les maquisards atteignent la préfecture puis arrêtent le préfet vichyste Yvon Gerbaud. Vers 14 heures, le gros des forces de la Résistance entre dans la ville, « Colomb » en tête. Cette rentrée solennelle, presque gaullienne, prend l’allure d’un défilé victorieux sous les fleurs et les acclamations de la foule.

            L’exaltation de la Libération efface provisoirement quatre ans de honte et de souffrance. A l’explosion de joie se mêle peu à peu par la volonté de revanche contre les « collabos ». Les sièges de la L.V.F. , de la Milice et de la librairie allemande sont mis à sac. Sous les acclamations de la foule, les portraits d’Hitler et les affiches nazies sont lacérés et brûlés. Les femmes accusées d’avoir eu des liaisons avec les allemands sont tondues en place publique (3ème colonne, 4ème paragraphe de l’article de presse). Dans un autre lieu de Bourges, des gerbes de fleurs sont déposées au pied du monument aux morts en hommage aux victimes de la guerre.

            En soirée, alors que la fête se poursuit, une proclamation du commandant Colomb est apposé sur les murs de la ville, puis publiée le lendemain dans le « Patriote Berrichon » (voir document 6a). Celle-ci met en garde les Berruyers qui voudraient se substituer à la justice légale. Le 8, dans le même journal, l’ensemble des organisations de la Résistance déclare que des « brimades inadmissibles ont été commises publiquement, notamment contre les femmes » et réclame des poursuites pour leurs auteurs.

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