1946, Aviauto, un projet de voiture volante de la Société nationale de constructions aéronautiques du Centre

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Un engin futuriste à retrouver dans le fonds MBDA aux Archives départementales du Cher, 117 J 149A

Si le 53e salon aéronautique du Bourget, qui s’est déroulé en juin 2019, fut marqué par la mise en avant de thèmes tels que la sécurité dans le transport aérien ou la réduction du bruit et des émissions polluantes, il fut également l’occasion de présenter des projets novateurs autour des nouvelles mobilités (voitures volantes, taxis aériens urbains).

 

Ce qui est présenté depuis quelques années comme une future révolution dans les transports résulte en fait d’un vieux rêve d’ingénieurs.

 

Ainsi, le fonds MBDA, conservé aux Archives départementales du Cher depuis 2005, contient les plans d’un « Aviauto » (cote AD18 : 117J 149A), un projet de voiture volante de la SNCAC (Société nationale de constructions aéronautiques du Centre) datant de 1946.

 

Ce projet était imaginé autour de deux modules : une petite voiture proprement dite, et un ensemble fuselage/aile/moteurs dans lequel venait s’enchâsser la voiturette. Issu d’un esprit fécond, il n’a jamais dépassé le stade de l’esquisse, peut-être en raison des limites technologiques rencontrées à l’époque. La réflexion avait cependant été poussée assez loin puisque plusieurs variantes avaient été imaginées (transport de passagers, de fret, évacuation sanitaire…).

 

Ce rêve perdure dans l’imaginaire depuis que l’aviation existe.

 

Il a été popularisé par le cinéma : que l’on se rappelle la Citroën DS de Fantômas

ou l’ensemble voiture/aile-réacteur de Scaramanga dans L’Homme au pistolet d’or , une version modernisée du concept imaginé en 1946. Les films de science-fiction furent également de grands pourvoyeurs en ce domaine (Blade RunnerLe Cinquième élément, pour ne citer qu’eux).

Voiture volante James Bond

 

Les constructeurs n’ont pour leur part jamais abandonné cette idée de réunir route et voie des airs. Les évolutions de concepts et de technologies (motorisation électrique, rotors développés pour les drones, ailes ou rotors carénés basculants, décollage vertical, fonctionnement autonome…) rendent ce projet de plus en plus réaliste, que cela soit le fait de grands groupes (Airbus, Boeing, Bell Helicopter) ou de petites sociétés innovantes (Aeromobil, Terrafugia, Carplane…).

 

A côté du concept « classique » de voiture-avion dotée d’ailes rétractables (le projet Aeromobil 3.0, présenté pour la première fois en 2014), apparaissent de nouveaux modèles à décollage vertical (le projet CityAirbus ou Nexus de Bell,) ou de conception modulaire (le concept Pop.Up de Airbus), qui pourraient être utilisés comme taxi aérien urbain ou véhicule personnel.

 

 

Ainsi, pour reprendre l’exemple d’Airbus, ce qui est présenté comme un projet novateur peut également apparaître comme l’évolution d’un projet d’ingénieur de 1946, peut-être un peu en avance sur son temps…

 

Pour rappel, le groupe Airbus est l’héritier de l’entreprise SNCAC, dissoute en 1949, et qui par suite de regroupements et fusions, s’est successivement appelé SNCAN, Nord Aviation, SNIAS, Aérospatiale puis EADS. Le site de Bourges, qui a vu sa production peu à peu orientée vers le secteur de l’armement, est désormais rattaché à l’entreprise MBDA, qui fait partie intégrante du groupe Airbus.

 

La boucle est bouclée : le groupe poursuit ainsi fièrement son esprit d’innovation en imaginant les déplacements du futur et les technologies le permettant.

 

Où quand la réalité rejoint le rêve et la fiction…

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