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Recherches

Université de Bourges

1488-1790

Les Archives du Cher possèdent ce qui reste de l'ancien chartrier de cette Université. La pauvreté de ce fonds s'explique par la destinée que ces titres ont eue pendant la période qui sépare la fermeture de l'école de leur entrée dans les Archives du département. Conservées dans la famille du dernier recteur, elles y furent l'objet de dilapidations répétées, qui en ont fait disparaître la plus grande et la plus intéressante partie, et notamment les titres les plus anciens. Le premier qu'on possède, et qui a été emprunté à un autre fonds, est daté de 1488, et relatif aux privilèges de l'établissement.

Voici l'économie générale de cette collection, qui se borne en somme à peu près aux titres de l'École de droit. Une première liasse concerne la fondation, les statuts et l'organisation de l'Université. Les trois suivants intéressent les privilèges et exemptions dont elle jouissait, y compris le privilège des messageries.

Viennent ensuite les titres de la Faculté de droit, tant civil que canonique : registres des délibérations de l'école, livre du recteur, livres matricules des écoliers et des gradués, livres d'inscriptions pour les examens, de réceptions des gradés de droit civil et de nomination des bacheliers en droit canon.

La partie la plus ancienne de la collection contient le livre du recteur, de 1561-1562, ainsi que les réceptions de grades et nominations de bacheliers. Toute cette partie s'arrête à 1700. Le reste embrasse les XVIIe et XVIIIe siècles. Une lacune d'un siècle (1585 à 1680) existe dans les registres de réception.

La fondation de l'Université de Bourges est due à l'initiative de Louis XI, qui se souvenait qu'il était né dans cette ville. Les lettres qui l'établissaient sont datées du mois de décembre 1463, confirmées par d'autres lettres royales du 24 septembre 1466, que motiva la résistance du Parlement de Paris à l'enregistrement des premières. Elles réglèrent sa constitution et ses privilèges sur le modèle de ceux des Universités de Paris, Orléans, Toulouse et Poitiers. Le pape Paul II avait confirmé cet établissement par une bulle du 12 décembre 1464.

L'Université fut installée en mars 1467, dans le couvent des Jacobins. Quant aux actes solennels, aux examens, ils eurent lieu d'abord dans l'église cathédrale de Saint-Etienne. Après l'abandon de l'ancien Hôtel-Dieu de la ville, qui fut transféré, en 1529, en dehors de l'ancienne cité, ses bâtiments, demeurés libres, devinrent, sous le nom : Les Grandes-Écoles, l'hôtel de l'Université. Toutefois il ne s'y fit que les lectures de droit et de médecine.

L'Université de Bourges était divisée en nations, qui furent primitivement au nombre de quatre et distinguées par les dénominations de France, Berry, Aquitaine et Touraine, auxquelles vinrent se joindre plus tard la Nation Germanique, comprenant en général tous les étrangers, qui y affluèrent au XVIe siècle.

La seule des quatre Facultés la composant (théologie, droit canon et civil, médecine et arts ou lettres), qui ait joui d'un réel éclat, fut celle de droit. Après la mort du célèbre Cujas, et grâce au mouvement de réaction qui suivit les guerres de religion, cette Faculté s'obscurcit comme les autres, et la réputation de l'école passa à la Faculté des arts, accaparée par les Jésuites, qui, en 1575, avaient obtenu d'Henri III la direction du collège Sainte-Marie, et, après s'être fait immatriculer en 1634 à. la Faculté de théologie, finirent par absorber la Faculté des arts, qui ne se distingua plus de leur collège.

L'Université de Bourges n'existait plus que de nom lorsque éclata la Révolution qui acheva sa ruine


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