Transcription paléographique

Donation de 2000 écus de 1415 - transcription paléographique
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Jehan, filz de roy de France, duc de Berry et d’Auvergne, conte de Poictou, d’Estampes, de Bouloingne (et) d’Auvergne, a noz amez et feaulx gens de noz comptes a Bourges, salut et dilection. N(ost)re amé et feal conseill(ie)r et tresorier general Macé Heron nous a exposé que, comme nous lui ayons pieça donné la somme de deux mille escuz, tant pour les bons, agreables (et) notables services et plaisirs qu’il nous avoit lors faiz et faisoit comme pour le recompenser d’une croiz d’or garnie de p(er)rerie qu’il nous avoit donnee a estrainnes le premier jour de l’an mil CCCC (et) treize, du pris de six cens (et) vint escuz, comme par noz l(ett)res sur ce f(ai)c(t)es vous est apparu, par vertu desquelles il ait voulu prandre en la despense de son compte finy au darrain jour de mars passé a sa descharge ladicte somme, ainsi que faire le povoit, neantmoins vous avez esté reffusans de la passer en sondit compte, disans que vous aviez esté a plain informez par les comptes de noz joyaulx qui sont par devers vous en la chambre de nosd(iz) comptes ou autrement deuement que lad(i)c(t)e croiz estoit n(ost)re et par n(ost)re ordonnance et mandem(en)t avoit esté ja pieça baillee par n(ost)re amé (et) feal conseill(ie)r (et) garde de nozdiz joyaulx Robinet d’Estampes a noz chappellains, cl(e)rs et so(m)mel(ie)rs de n(ost)re chappelle en gaige pour certaine somme en deduction(ement) de ce qui deü leur estoit lors a cause de leurs gaiges ou pension qu’ilz prenoient (et) ont de nous, et par ainsy ne contenoient pas verité nosd(i)c(t)es l(ett)res ne n’en devoit joïr n(ost)redit tresorier, qui sur ce nous a requis n(ost)re gracieuse provision afin qu’il puisse joïr de sondit don. Pourquoy nous, consideré ce que dit est, voulens vous estre a plain acertenez sur ce, vous certiffions par ces p(rese)ntes que par n(ost)redicte ordonnan(ce) (et) mandem(en)t et pour la cause dessus dicte n(ost)redit conseill(ie)r et garde de nosd(iz) joiaulx bailla ja pieça lad(i)c(t)e croiz a nosdiz chappellains, clers et so(m)melliers de n(ost)re chappelle, qui pour lad(i)c(t)e somme l’engaigerent, et pour icelle som(m)e l’avons lessee encourir et consenti que le marchant qui sur ycelle avoit baillé la finance en peust faire (et) ordonner co(m)me de sa p(ro)pre chose ; et depuis n(ost)redit t(re)sorier l’achata dudit marchant ledit pris de six cens vint escuz qu’il a paiez de ses deniers et la nous donna ausd(i)c(t)es estrainnes, dont il nous fist t(re)s grant plaisir, et pour ceste cause (et) aut(re)s dessus declairees lui donnasmes lad(i)c(t)e somme de deux mille escuz. Si  voulons et vous mandons que icelle somme vous allouez en sondit compte ou en l’estat d’icellui, en rapportant ces p(rese)ntes tant seulem(en)t, non obstant ce qui par vous avoit esté allegué et quelxconques ordonn(ances), mandem(en)s ou deffenses au contraire. Donné à Paris, en n(ost)re hostel de Neelle, le XIIe jour de janvier, l’an de grace mil CCCC et quatorze.

Par monseign(eu)r le duc.

Faverot.