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Fiche n°2 : La "Grande Peur" de l'été 1789

 Après la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, l’agitation populaire s’étend dans tout le royaume et notamment dans les campagnes. Les nouvelles de Paris sont si surprenantes que les paysans les comprennent mal, s’affolent de village en village et se persuadent que les seigneurs vont faire appel à des armées de brigands ravageant les récoltes pour répliquer à la révolte des Parisiens : « la crainte séculaire des brigands s’associe donc à une version rurale du « complot aristocratique » (M. Voucke). 

                Cette « Grande Peur » collective touche l’ensemble du territoire nationale à la fin de juillet 1789 et accélère la première prise de conscience politique des habitants des campagnes. L’historien G. Lefebvre a identifié six peurs originelles, épicentres à partir desquels le mouvement de panique se diffuse par contact (document 2). Le département du Cher est traversé par deux mouvements de peur. Le premier courant de panique provient de Ruffec en Charente, se communique au Poitou et à l’Indre, avant d’atteindre Bourges le 30 juillet. Le second prend naissance dans la région de Saint-Florentin, dans l’Yonne, et se propage vers Auxerre et le Nivernais avant d’atteindre Sancerre le 29 juillet.

                Le schéma type de la « Grande Peur » se découvre sur les pages de notes pries par le curé de Menetou-Ratel, à l’Ouest de Sancerre, ou dans les délibérations du village de Graçay, près de Vierzon. A l’image de nombreux villages de France à cette période, les habitants de ces communes organisent leur défense contre ces ennemis imaginaires : les paysans s’arment, parcourent les routes de leur canton mais n’incendient pas de châteaux comme dans d’autres provinces du royaume.

                La « Grande Peur » pousse les députés de la noblesse française et du clergé à soumettre à la discussion et au vote, lors de la nuit du 4 août 1789, l’abolition de la plupart des droits seigneuriaux et de la dîme.

                Peu à peu, les villageois comprennent que ces bandes de brigands devant lesquels on tremblait ne viendront pas. La peur passée, les villageois restant armés et formant le 12 août une « garde bourgeoise » permanente. Désormais, le pouvoir réel n’appartient plus aux autorités de l’Ancien Régime, en particulier l’intendant, mais aux gardes nationales et autres comités permanents qui le détiennent pour le moment, en attendant l’organisation prochaine des municipalités et des départements. 

Vocabulaire : 

  • Marguillier  : laïc chargé de la garde et de l’entretien de l’Eglise
  • Syndic : au XVIIIe siècle, le syndic d’une communauté d’habitants est chargé d’en défendre les intérêts et d’agir en justice par son compte.

Ces documents peuvent donc être utilisé afin de servir de support à une leçon consacrée à la crise de l’été 1789, en classe de quatrième ou de seconde. Il peut aussi approfondir le sujet et organiser une leçon d’une heure consacrée à l’analyse de la propagation du phénomène de la « Grande Peur » et ses conséquences, dans le département du Cher.


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La « Grande Peur » de l’été 1789

                Après la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, l’agitation populaire s’étend dans tout le royaume et notamment dans les campagnes. Les nouvelles de Paris sont si surprenantes que les paysans les comprennent mal, s’affolent de village en village et se persuadent que les seigneurs vont faire appel à des armées de brigands ravageant les récoltes pour répliquer à la révolte des Parisiens : « la crainte séculaire des brigands s’associe donc à une version rurale du « complot aristocratique » (M. Voucke). 

                Cette « Grande Peur » collective touche l’ensemble du territoire nationale à la fin de juillet 1789 et accélère la première prise de conscience politique des habitants des campagnes. L’historien G. Lefebvre a identifié six peurs originelles, épicentres à partir desquels le mouvement de panique se diffuse par contact (document 2). Le département du Cher est traversé par deux mouvements de peur. Le premier courant de panique provient de Ruffec en Charente, se communique au Poitou et à l’Indre, avant d’atteindre Bourges le 30 juillet. Le second prend naissance dans la région de Saint-Florentin, dans l’Yonne, et se propage vers Auxerre et le Nivernais avant d’atteindre Sancerre le 29 juillet.

                Le schéma type de la « Grande Peur » se découvre sur les pages de notes pries par le curé de Menetou-Ratel, à l’Ouest de Sancerre, ou dans les délibérations du village de Graçay, près de Vierzon. A l’image de nombreux villages de France à cette période, les habitants de ces communes organisent leur défense contre ces ennemis imaginaires : les paysans s’arment, parcourent les routes de leur canton mais n’incendient pas de châteaux comme dans d’autres provinces du royaume.

                La « Grande Peur » pousse les députés de la noblesse française et du clergé à soumettre à la discussion et au vote, lors de la nuit du 4 août 1789, l’abolition de la plupart des droits seigneuriaux et de la dîme.

                Peu à peu, les villageois comprennent que ces bandes de brigands devant lesquels on tremblait ne viendront pas. La peur passée, les villageois restant armés et formant le 12 août une « garde bourgeoise » permanente. Désormais, le pouvoir réel n’appartient plus aux autorités de l’Ancien Régime, en particulier l’intendant, mais aux gardes nationales et autres comités permanents qui le détiennent pour le moment, en attendant l’organisation prochaine des municipalités et des départements. 

Vocabulaire : 

  • Marguillier  : laïc chargé de la garde et de l’entretien de l’Eglise
  • Syndic : au XVIIIe siècle, le syndic d’une communauté d’habitants est chargé d’en défendre les intérêts et d’agir en justice par son compte.

Ces documents peuvent donc être utilisé afin de servir de support à une leçon consacrée à la crise de l’été 1789, en classe de quatrième ou de seconde. Il peut aussi approfondir le sujet et organiser une leçon d’une heure consacrée à l’analyse de la propagation du phénomène de la « Grande Peur » et ses conséquences, dans le département du Cher.

  


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