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Fiche n° 1 : Un cahier de doléances

Extraits du Cahier de doléances de la paroisse de Berry-sur-Yèvre


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Cahier de doléances de la paroisse de Berry-sur-Yèvre

L’intérêt pédagogique des cahiers de doléances de 1789 est indéniable : très souvent ils constituent une source d’information d’un grand intérêt pour l’étude de la société à la fin de l’Ancien Régime et pour la compréhension de la Révolution française. Afin d’éviter les redites inutiles, nous avons choisi de ne pas présenter des extraits de cahiers de doléances reflétant les grandes préoccupations politiques des patriotes, (l’abolition des privilèges de la noblesse et du clergé, le vote par tête plutôt que par ordre à l’assemblée des Etats généraux…). Ces sujets sont largement analysés dans les manuels scolaires de quatrième et de seconde. Les articles des cahiers de doléances de Berry-sur-Yèvre – actuellement Berry-Bouy, près de Bourges – reflètent les problèmes très concrets d’un terroir : les enseignants pourront ainsi faire retrouver aux élèves certains des caractères particuliers de la vie des paysans du Berry à la veille de la Révolution française.

                 Un arrêt du 8 août 1788 fixe la tenue des Etats Généraux au premier mai 1789. A cette occasion, des cahiers de doléances doivent être présentés au roi, conformément à une tradition héritée du XVIe siècle. Selon l’article 24 du règlement du 24 janvier 1789, « tous les habitants composant le Tiers-Etat des villes ainsi que ceux des bourgs, paroisses et communautés de campagne seront tenus de s’assembler à l’effet de rédiger le cahier de leurs plaintes et doléances ».

                 Celui de Berry-sur-Yèvre est rédigé le dimanche premier mars 1789 par des paroissiaux qui se réunissent sous le porche de l’église du village et sous la présidence du curé de la commune, Debladis. En 1789, la paroisse de Berry-sur-Yèvre paye 2644 livres pour la taille, les accessoires de la taille et la capitation. Dans l’ensemble, ses revenus sont plutôt modestes (récolte moyenne de blé, récolte médiocre de seigle, peu d’animaux d’élevage). Le cahier de doléances est composé de sept articles distincts rédigés sans logique particulière, comme beaucoup de cahiers de doléances à cette période, même si on peut au moins y voir un souci de priorité dans les thèmes abordés (d’abord les impôts puis le reste). Le petit nombre de signatures au bas du document, 9 au total, atteste un profond illetrisme.

                 Dans leur cahier de doléances, les habitants de Berry-sur-Yèvre se contentent d’attirer l’attention du roi sur leur misère et ne cherchent pas à donner leur avis sur les grands problèmes politiques qui agitent alors le pays. Ils se plaignent surtout de la lourdeur des impôts royaux et seigneuriaux, et de la rigueur de leur perception (articles 1 et 2). En effet, à cette période, le recouvrement de l’impôt se fait par juridiction : la taille par l’élection, la gabelle par le grenier à sel (article 3), les droits domaniaux par la ferme (article 5). Les paysans doivent aussi payer la corvée royale (article 2) et des droits de douane à l’entrée des villes lorsqu’ils transportent des marchandises (les charrois : article 4). Chaque juridiction a ses méthodes, mais les plus déviées sont celles de la taille. Le collecteur va chercher son rôle à l’élection dont il dépend et doit reverser le total de l’impôt à une date fixée à l’avance. Si le paroissien ne peut payer, il reçoit la visite d’un soldat qui s’installe chez lui, à ses frais, jusqu’à parfait paiement. Les habitants de Berry-sur-Yèvre doivent aussi acheter très cher le sel entreposé à Bourges. Dans le prix de ce produit est compris le droit de gabelle, impôt très impopulaire payé au trésor royal. D’autre part, ces paroissiens demandent une réforme du maquignonnage (article 6) et du droit de colombier (article 7).

  


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